Archives «Nos petits anges au paradis»

Forum: Témoignages

Discussion: Senga10

<< prec suiv >>
2002-08-22 09:29
De: senga10 (13 messages)

Bonjour à tous et à toutes,

J'ai lu vos témoignages et j'en ai pleuré, vous m'avez donné des frissons, des émotions... Je vous trouve toutes et tous bien courageux et pleins d'espoir et d'amour !

Mon histoire est particulière, comme la vôtre, mais je ne sais pas si j'ai ma place dans ce forum ou je ne vois que des gens qui ont un courage extraordinaire ! Moi je n'ai pas eu le courage d'affronter le père de mon enfant qui a voulu que je m'en débarasse et c'est malheureusement ce que j'ai fait. Je ne peux pas en dire plus pour le moment, c'est trop dur de parler de tout ça. Je reviendrai vous raconter mon histoire un autre jour, quand je m'en sentirai la force...

En tout cas je vous embrasse tous et toutes bien fort et je vous souhaite bonne chance pour l'avenir...

A bientôt...

2002-08-22 09:54
De: Francesca (2208 messages)

Bonjour Senga,

Je te souhaite la bienvenue parmi nous. Oui, tu es au bon endroit pour parler de ce que tu vis, peu importe la façon dont tu as perdu ton bébé... ta peine est bien réelle ma belle.

Je te dis courage et viens nous raconter quand tu seras prête.

Amicalement,

Francesca

2002-08-22 10:20
De: senga10 (13 messages)

Merci beaucoup, je reviendrai bientôt... Ca me réchauffe déjà le coeur votre message !!!

Senga

2002-08-22 10:44
De: Kat (56 messages)

Ma chère Senga, tu es la bienvenue parmi nous et dit toi que le courage vient au fil du temps avec l'aide de vous toutes et notre entourage. Si tu veux connaitre mon histoire je t'invite à lire mon témoignage sous Kat.

Je t'embrasse très fort et lorsque tu seras prête à raconter ton histoire nous seront toutes la pour t'écouter et te comprendre sans te juger car nous connaissons cette terrible épreuve aussi

Kat xxx

2002-08-22 12:47
De: mouselyne (36 messages)

Bonjour Senga10

Je suis venue te dire que peu importe la façon que tu as perdus ton bébé.

Si tu décide de ne pas le faire on te respecteras aussi.Prend soin de toi oké. Bye Bye amicalement France mouselyne

2002-08-22 19:36
De: senga10 (13 messages)

INTERRUPTION INVOLONTAIRE DE GROSSESSE : I.I.G.

La culpabilité me ronge, j'ai tué mon enfant. J'y ai été forcée. Mais tout est de ma faute ! Ce que vous allez lire est très très long... Je m'en excuse ! Mais j'avais vraiment besoin de vider mon sac... Ce que vous allez lire, c'est une lettre que j'ai écrite pour l'homme avec qui je suis depuis maintenant 7 mois et que j'aime de tout mon coeur... Pour qu'il comprenne par ou je suis passée. Il a envie et besoin de savoir. Mais je ne la lui ai pas encore donnée, je n'ose pas, j'ai trop honte de ce que j'ai fait. Et puis, est ce qu'un homme peut comprendre ces choses là ? Pour lui, l'avortement n'est pas un crime, c'est un droit. Un embryon n'est pas un être humain... Pour moi si... Et celui que je portais je l'aimais...

J'ai "perdu" mon bébé alors qu'il n'avait que 5 semaines... je lui ai interdit de connaître la vie. Quelques fois, quand je me promène dans la nature, que je regarde les nuages ou les étoiles, cette phrase me vient : "j'ai empêché un être humain de voir tout ça, je ne suis qu'un monstre".

Vincent,

Si je t’écris c’est que je ne sais pas parler, en tout cas parler de

moi. Et si je t’écris sur l’ordinateur c’est parce que je trouve ça plus

facile. Je ne sais pas parler de moi parce que jamais personne ne

m’écoute. J’écoute bien trop les autres pour ça ! Alors du coup tout le

monde croit que je vais toujours bien... je crois que ça m’arrange… et

eux aussi, comme ça tout le monde a l’air d’être content. Mais

aujourd’hui et avec toi il y a quelque chose de différent. J’ai envie de

te raconter certaines choses. J’ai toujours eu envie que les gens

devinent mes problèmes. J’ai du mal à me confier, à faire confiance à

quelqu’un, à me laisser aller. Mais toi tu t'intéresse vraiment à moi et

tu m'as fait comprendre que pour être écouté il faut d'abord savoir

parler.

Toute petite mes parents ne m’écoutaient pas alors j’ai pris l’habitude

de me taire et jusqu’ici j’y trouvais mon compte.

Dans ce paquet il y a une cassette, LA cassette. Celle de la radio, quand j'ai appelé Caroline Dublanche à son émission et que je suis passé à l'antenne. Personne ne l’a jamais écoutée. En plus de ça il faut que je te racontecertaines choses qu’un seul être connaît, c’est Lolo. Parce que,même si c'est malheureux et que ça peut paraître

malsain et ça l’est d’ailleurs, Lorette est la seule personne qui me

comprend ou en tout cas qui m'a comprise pendant cette douloureuse épreuve ! Je sais que ce n'est pas le rôle d'une petite fille de 9 ans

mais je n'avais personne d'autre à cette époque à qui me confier, du

moins pas grand monde. Je sais que je n’aurai pas dû me confier à elle

mais c’est grâce à ces confidences (ou à cause) que je suis là, à taper

ces mots sur ce clavier…

Si je te raconte ce qui va suivre, c’est pour que tu puisses mieux

comprendre dans quel état d’esprit je me trouve :

Toi je t’aime, c’est pour ça que je t’écris aujourd’hui. Enfin

bref, je m’égare là. Au début avec ce mec ça se passait bien. Mais ça a

vite mal tourné, un peu à cause de Lolo, un peu à cause de lui, beaucoup

à cause de moi. Il m’a très très vite agacée. Je me suis lassée de lui à une vitesse phénoménale.

Au début de notre rencontre, quand tout allait bien, Hugues me parlait

très souvent d’avoir un enfant. Moi je prenais la pilule à ce moment là.

Et au mois de novembre, 2 mois après notre rencontre,j’ai arrêté de la

prendre sans lui dire... Je ne peux pas aujourd'hui m'expliquer pourquoi

j'ai fait ça. Il voulait un enfant, moi aussi, depuis

longtemps et j’étais amoureuse. Je me suis dit qu’à 36 ans je mettrais

des mois, voire des années avant de tomber enceinte. Je l’avais lu et

entendu plein de fois. En vieillissant, la fertilité diminue. Donc je ne me suis pas imaginé une seule seconde la suite des évènements.

J’ai laissé tomber Hugues le 31 décembre au soir, avec perte et fracas. Il nem'intéressait plus, j'ai remarqué qu'il buvait beaucoup, qu'il était égoïste, qu'il n'aimait pas ma fille et elle le lui rendait bien. On devait aller au resto pour le nouvel an et je lui ai envoyé un texto (j'avais pas envie de lui parler)pour lui dire

que c’était terminé et que je ne voulais plus le voir. J’ai vraiment été salope sur ce coup là, je l’avoue ! Mais bon passons, le problème n’est pas là.

Début janvier, vers le 4 ou 5, je commence à flipper quand je m’aperçois que je n’ai pas mes règles. Tout en n’y croyant pas une seconde (je n'avais arrêté la pilule que depuis quelques semaines), je vaischercher un test de grossesse à la pharma. Et là, stupéfaction : je suis enceinte !!!

J’ai pris l’ascenseur… La montée des 12 étages a été terrible. Je sentais mon cœur battre comme un malade dans ma poitrine, j’ai cru qu’il allait exploser.

Bon je suis entrain de tout te raconter, en long en large et en travers,

ça va durer des plombes, il faut que je résume ! Bref je dis à Hugues

que je suis enceinte. Au début il ne m’a pas crue. Puis il a vu que

j’étais sérieuse et là il a été hyper content et en même temps il était complètement stupéfait par la nouvelle. Je l’ai revu 2 heures

plus tard chez moi. Il était complètement bourré et racontait n’importe

quoi. Il est tombé de sommeil sans avoir reparlé du « problème » qu’on

avait. Il s’est mis à ronfler, à parler dans son sommeil tellement il

était saoûl. Moi j’ai préféré dormir dans la chambre de Lolo avec les

filles. J’ai passé une sale nuit ! Une horrible nuit.

Le lendemain matin j’ai demandé à Hugues de partir et de ne pas revenir. Il m’a répondu «T’as plus qu’à te faire avorter ». Mais moi je ne voulais pas… Alors ça a été la guerre entre nous. Il m’appelait sans cesse au tel pour me persuader. Un coup il était agressif, une heure après tout doux, un jour il voulait bien que je garde le bb toute seule, le lendemain il voulait

le reconnaître ! Il était complètement paumé ! Et moi je commençais

à aller très très mal, je commençais à penser à l’avortement. Je ne peux

pas te décrire dans quel état j’étais. J’ai commencé à ne plus manger

pour que l’embryon ne grossisse pas… Je ne faisais que pleurer, j’ai

pleuré des heures et des heures, des jours, des nuits, j’ai hurlé aussi, crié, appelé au secours, imploré le ciel de m’aider. J’ai dit à tout le monde que j’étais enceinte.

Il n’y a que Brigitte et Lolo qui ont su me

réconforter. Tous les autres m’ont jugée et mon dit "Mais tout ça s'est de ta faute, tu n'avais qu'à pas arrêter la pilule sans le lui dire", ce qui était vrai, l'erreur, c'est moi qui l'avait faite ! Ils me disaient tous : « mais fais toi

avorter, c’est rien ! Ce ne sont que quelques cellules !" Et eux, avant

d’être ce qu’ils sont, n’étaient ils pas « que quelques cellules ?…

Jusqu’à ma propre mère qui m’a dit que si je gardais l’enfant elle ne

voudrait plus me voir ! Je la hais maintenant, je suis très en colère contre elle. Ce qui la dérangeait c'est ce qu'allaient dire les voisins ! Il y a certaines personnes à qui j’en veux

énormément et en particulier Corinne, la mère de Sandy, Isa et Xavier,Houyem, une fille que je ne vois plus… A Hugues je lui en veux

moins, il avait le droit de me demander d’avorter, puisqu'il était le père et ce sans l'avoir demandé !

A ce moment là je faisais un stage en PAO à TOURS nord. Je n’y suis pas

allée pendant quelques jours puis j’y suis retournée. C’était horrible,

je prenais un sac en plastique avec moi parce que je vomissais dans la

voiture… Et je ne suivais plus rien des cours, je n’avais qu’une envie,

c’était de mourir. C’est là que Lorette m’a énormément aidée, elle m’a

sauvé la vie, c’est sûr et certain !

Hugues continuait à me harceler au téléphone. Même si j’avais la ferme

intention de garder ce bébé, des doutes s’installaient dans mon esprit.

Je me suis mise à dormir avec Lolo dans mon lit tellement j’allais mal…

La pauvre, elle a subi des choses horribles à cette époque là, du haut de ses 9 ans !!!

Un jour, croyant que j’allais devenir folle (je devais être enceinte de

3 semaines), je suis allée à l’hopital (bretonneau). J’ai vu un gynéco

avec qui j’ai discuté longuement de l’IVG. Mais je pleurais tellement

qu’il m’a conseillé de bien réfléchir à la solution à adopter. Dans les

rues intérieures de l’hôpital, en le quittant, j’ai fait un malaise, mes

jambes m’ont lâché, je suis restée à pleurer par terre, accroupie,

pendant de longues minutes. puis je suis rentrée chez moi. J’ai appelé sos

amitié ! Je suis tombée sur une nana géniale qui a tout compris… Elle

m’a énormément fait de bien !

Ensuite les jours qui ont suivi étaient

vraiment bizarres… Un jour je voulais avorter, le lendemain garder le

bébé. Je pleurais toujours autant, je ne mangeais plus du tout, il y

avait des moments ou j’étais très attirée par le suicide et j’ai cru

plusieurs fois, des dizaines de fois même, que je ne pourrai pas me

retenir de me jeter par la fenêtre ! C’était comme un aimant, je ne sais

toujours pas comment j’ai fait pour résister à ça !

Je suis retournée à l’hosto et le même gynéco m’a proposé l’avortement

par les médicaments, voyant que je n’en pouvais plus il me disait

maintenant qu’il était préférable de faire une IVG. J’ai donc pris

rendez vous pour prendre les médocs à l’hôpital quelques jours après. Le

jour J, Lolo savait ce que je m’apprêtais à faire et elle est revenue de

l’école pour m’en empêcher. Je suis allée à l’hôpital avec elle et une

copine, Virginie. J’ai dit aux infirmières qui m’attendaient que j’avais

changé d’avis et je suis repartie toute contente avec mes « quelques

cellules dans le ventre », bien décidée à ne pas revenir.

Mais il se passait des choses étranges en moi… Je me disais que ce bébé

je n’allais pas l’aimer, que ce n’était qu’une moitié d’enfant puisque

son père n’en voulait pas (en plus je l’ai croisé plusieurs fois en bas

complètement bourré), je me disais que s’il le reconnaissait il ne s’en

occuperait pas bien, ect, ect…

Une idée m’est venue et j’ai commencé à chercher un appart à plusieurs

dizaines de kms de Tours. Je ne voulais plus voir les gens que je

connaissais, je voulais disparaître de leur vue et de leurs jugements à

la con. Mais je n’ai pas trouvé d’appart libre rapidement et peut être

que j’ai aussi manqué de courage à ce moment là…

C’est à ce moment que j’ai baissé les bras et que je me suis dit : « ok,

vous avez gagné, je vais le tuer ce gosse et on en parlera plus ! ».

J’ai repris rendez vous à l’hosto. Cette fois c’était trop tard pour les

médicaments, il fallait passer sur la table d’opération ! Le soir

d’avant l’intervention il fallait que je prenne un médicament qui allait

faciliter, le lendemain, l’évacuation de l’embryon. Je suis restée une

bonne partie de la nuit devant le cachet. Je ne pouvais pas le prendre !

Je me demandais : « Je prends ce cachet, je saute par la fenêtre ou je vais faire dodo ? ». Je

pleurais, pleurais encore et encore… puis j’ai fini par aller dormir en

prenant quelques somnifères. Je me suis levée vers 6 heures du matin, j'ai courru à la cuisine et j'ai avalé le cachet, comme ça, sans réfléchir. Je ne pouvais plus réfléchir, j'étais trop fatiguée.

Le lendemain matin j'étais à l'hôpital.

Bon, je vais essayer, plus j’écris et plus je suis soulagée ! Ca me fait

du bien (et tellement de mal aussi) ! Je suis donc arrivée à l’hosto. Je

n’étais pas moi même ce jour là. Ou alors c’est ce que je veux me faire

croire ? Non je crois que mon corps était là mais pas mon esprit. Mon

esprit était déjà à moitié mort, il n’avait pas pu venir… J’ai attendu

environ une heure dans un lit. C’était une chambre double. Le lit d’à

côté était vide. Puis une fille est arrivée. Elle s’est allongée. Elle

pleurait. Elle m’a dit « je te préviens c’est trop dur ! ». Mais moi

j’étais comme anesthésiée par tant de douleur depuis des semaines… Une

infirmière est venue me chercher. La fille m’a dit : « bon courage, à

tout de suite »

J’ai suivi l’infirmière. Elle m’a réconforté un peu. «

Ca va aller, ça va aller ». J’ai l’impression d’y être en l’écrivant, je

l’entends encore !!! Sa voix était douce et rassurante… Moi j’avais

quitté mon corps depuis que j’étais rentrée dans la chambre. J’étais

comme en lévitation, comme inconsciente. Tout ça n’était pas vrai en

quelque sorte. C’était un cauchemar, j’allais bientôt me réveiller !

J’ai vu le gynéco. Je me suis installée sur la table, les jambes

écartées… et j’ai attendu. Il m’a mis un tuyau dans le vagin et ça a

fait comme si quelque chose fouillait dans mon ventre. Un bruit

horrible. Comme quelqu’un qui mange de la soupe très bruyamment. Et ça

faisait mal, ça faisait mal, il y avait des contractions dans mon

ventre, et ce truc qui continuait de fouiller et d’arracher avec ce

bruit ! J’ai senti une larme s’échapper de chacun de mes yeux et les

infirmières, une de chaque côté, les ont essuyées. L’une d’entre elles

m’a caressé le front : « c’est bien, vous êtes très courageuse ! ». Tu

parles, très lâche oui, on est entrain de tuer mon bébe, de me

l’arracher !!! AU SECOURS ! J’avais tellement envie de crier ! Tout ça a

duré un bon quart d’heure, que de souffrance, physique et mentale ! Puis

je suis ressortie de la salle. Une des infirmières a jeté quelque chose

dans une immense poubelle. J’ai regardé… C’était le tuyau plein de sang,

mon sang et le sang de mon bébé. Et lui, qu’en avaient il fait ? Un si

petit bébé dans une si grande poubelle ?

Je suis retournée dans la chambre. Je me suis endormie aussitôt.

Sûrement à cause des calmants qu’on m’avait donné en arrivant. En me

réveillant j’ai discuté avec la fille à côté de moi. On s’est raconté un

peu nos histoires respectives. Qulelques heures après je suis sortie.

Une copine m’a ramené Lolo. Lolo savait ou j’étais et ce que j’y

faisais. Elle m’a préparé à manger et m’a dorlotée toute la soirée . Je

ne pleurais plus, c’était pire, j’étais vide. Vide de toute émotion, de

tout sentiment.

J’ai passé une bonne nuit malgré tout. Le lendemain matin j’allais

plutôt pas mal, vues les circonstances, ça aurait pu être pire. Pendant

quelques jours, je me suis sentie comme soulagée. Plus de Hugues au

tél., je lui avais dit que j'allais faire ce qu'IL avait décidé … je pense qu’il en était

satisfait. Je ne sais pas ce que ça lui a fait à lui, l’avortement, rien

je pense !

Quelques jours plus tard ça a commencé à aller très mal. Je pleurais

souvent, surtout quand je voyais mon reflet quelque part, dans un

miroir, dans une vitrine… Je me regardais et je me disais : « mais

qu’est ce que tu as fait ? » ??? Je m’en voulais à mort, j’avais à

nouveau envie d’en finir avec la vie… A cette époque, pendant plusieurs

mois, j’ai senti la mort rôder autour de moi. Je ne sais pas si c’était

celle de mon bébé ou la mienne. Elle ne me faisait pas peur, elle rôdait

doucement. Je la sentais, comme un voile sombre qui me suivait partout.

Heureusement mon ange gardien était là : Lolo. Je sais qu’elle a

énormément souffert durant ces quelques semaines, sa vie a été un enfer

! Je m’en veux terriblement ! Je l’ai emmenée voir un pédopsy après ça,

avec qui elle a pu discuter. On reparle de cette période de temps en

temps mais vraiment rarement. Elle me donne l’impression de ne pas avoir

été traumatisée mais je ne sais pas !

Les mois qui ont passé, j’ai fait une fixation sur le fait d’avoir un

bébé. Pas pour remplacer celui que j’avais perdu mais pour retrouver une

certaine estime de moi. Pour me prouver que je n’étais pas un monstre,

je devais donner la vie à un petit être. Trois fois j’ai eu des

relations avec des mecs rien que dans l’espoir de concevoir. Sans amour,

sans sentiments pour eux. C’est une période ou j’aurai fait n’importe

quoi pour retomber enceinte. Je n’avais pas l’intention de le dire aux

intéressés si jamais mon plan avait fonctionné. J’avais très peur de

choper le sida mais mon obsession d’avoir un enfant dépassait toutes mes

peurs. J’ai compris à cette époque que la douleur peut rendre fou !!! Je

calculais le jour de mon ovulation et je couchais avec ces mecs. Ca n’a

pas fonctionné et je n’ai attrapé aucune saloperie. Je ne regrette pas

aujourd’hui que ces plans aient foiré.

Un jour je suis allée en Normandie sur la tombe de ma grand mère, j'étais avec Lolo. J'adorais ma grand mère et Lolo adorait son arrière grand mère. J'avais fait un petit mot sur un petit papier ou j'avais écris : MON BB. et je l'ai mis dans la terre, près de la tombe. Je l'ai enterré. Ca m'a calmée quelques jours mais pas longtemps...

Et puis je t’ai rencontré, toi ! Si tu savais comme je t’aime !

Maintenant je n’ai plus envie de faire un bébé pour faire un bébé. J’ai

compris que ce n’est pas la solution. Mais le temps que j’ai pensé à ça

m’a permis de survivre, j’en suis sûre. Maintenant tu es là et j’ai très

envie d’un enfant avec toi !!! Tout simplement parce que je t’aime ! Je

te trouve tellement génial avec tes petits ! Et puis quand même, bien

que je ne voie plus la chose du même œil, j’ai quand même envie de

reprendre ma revanche sur la vie. Que mon ventre ne reste pas un

cimetière pour bébé jusqu’à l’éternité !

Tous les gens qui m’ont conseillé d’avorter ne m’ont plus jamais reparlé

de ça. Pas même ma mère ! Je crois qu’ils ont oublié… alors ils

n’avaient qu’à la fermer. On n’a pas le droit de donner son avis sur des

choses aussi graves ! Je leur en veux toujours terriblement !!!

Seulement ça me rendrait la femme la plus heureuse de la terre. Je

comprends que pour toi ce n’est pas le moment de penser à ça mais je

voulais que tu saches à quel point je désire un enfant ! En plus, j’ai

décidé que si un jour j’ai un petit je referai ce que j’avais fait quand

j’ai eu Lorette, à savoir des dons de lait pour des petits prématurés

qui sont entre la vie et la mort et que seul du lait maternel peut

sauver… J’ai vraiment besoin de me racheter, de pouvoir me regarder en

face, de faire la nique à la mort !

Je vous embrasse toutes très fort, j'espère que chacune de nous s'en sortira le mieux possible, même si nous n'oublierons jamais ce que nous avons vécu...

SENGA

2002-08-23 07:00
De: senga10 (13 messages)

Les filles,

Je viens de relire mon témoignage et je tiens à préciser que JE NE SUIS PAS CONTRE le droit à l'interruption volontaire de grossesse quand celle-ci est assumée et décidée par la femme qui prend cette décision...

Mais n'oublions pas que CE N'EST PAS un moyen de contraception. Parlons en à nos filles pour que ça ne leur arrive pas !!!

Grosses bises

SENGA

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